En bref
Le Tarot de Marseille est une famille historique de jeux de 78 cartes, caractérisée par ses figures et ses cartes numérales à enseignes. Les Coupes, Deniers, Épées et Bâtons s’y lisent par le nombre et la disposition des motifs. Ses noms, son ordre et ses images diffèrent sur plusieurs points du Rider–Waite–Smith.
Qu’est-ce que le Tarot de Marseille ?
Le Tarot de Marseille est une famille de jeux historiques de 78 cartes dont les atouts et les figures suivent un type graphique français, tandis que les cartes numérales montrent les enseignes disposées avec des ornements. Ce nom ne désigne pas un seul jeu ni un seul auteur. Des éditions produites à Paris, Lyon et Marseille appartiennent à cette famille.
Le jeu comprend 22 arcanes majeurs et 56 mineurs. Chaque famille, Coupes, Deniers, Épées et Bâtons, comporte un As, les cartes Deux à Dix et quatre figures : Valet, Cavalier, Reine et Roi. Les gravures anciennes et leurs mises en couleur donnent aux éditions des traits reconnaissables, avec des différences de dessin qu’il faut observer sur le jeu utilisé.
| Repère | Tarot de Marseille | Rider–Waite–Smith |
|---|---|---|
| Le Mat | Généralement sans numéro | Numéro 0 |
| Carte II | La Papesse | La Grande Prêtresse, traduction de The High Priestess |
| Carte V | Le Pape | Le Hiérophante, traduction de The Hierophant |
| Carte VIII | La Justice | La Force |
| Carte XI | La Force | La Justice |
| Carte XIII | Souvent sans intitulé | La Mort |
| Carte XVI | La Maison Dieu | La Tour, traduction de The Tower |
| Cartes numérales | Enseignes et motifs ornementaux | Scènes et compositions narratives |
Le Trois d’Épées illustre la différence de lecture. Marseille présente un assemblage de lames et de motifs végétaux ; il n’affiche pas le cœur transpercé du Rider–Waite–Smith. Le nombre, la famille et l’organisation des formes fournissent donc le point de départ.
Paris, Lyon, Marseille : une famille de cartiers
Le tarot apparaît dans l’Italie du Nord au XVe siècle comme jeu de cartes. Les modèles circulent ensuite en France. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les cartiers diffusent les figures aujourd’hui rassemblées sous le nom de Tarot de Marseille. Jean Noblet à Paris, vers 1650, Jean Dodal à Lyon, vers 1701, et Nicolas Conver à Marseille, en 1760, constituent trois repères classiques.
Le nom de Marseille se répand au XIXe siècle. Il reflète l’importance de cette ville dans la production, sans effacer les autres centres. La géographie du nom ne suffit donc pas à dater un jeu ou à lui attribuer une origine exclusivement marseillaise.
Le passage à la divination se développe au XVIIIe siècle. Court de Gébelin propose en 1781 une origine égyptienne sans fondement historique ; Etteilla publie ensuite des méthodes divinatoires. Au XXe siècle, l’édition de Grimaud préparée par Paul Marteau, puis les travaux de Philippe Camoin et Alejandro Jodorowsky, contribuent à renouveler la diffusion et les approches du modèle.
Le tarot de jeu pratiqué en France utilise aujourd’hui couramment un autre type de cartes, à enseignes françaises et atouts numérotés. Reconnaître cette différence évite de confondre un jeu de compétition avec les images de Marseille employées pour l’interprétation symbolique.
Lire les figures et les cartes numérales
Observe les gestes avant de plaquer une histoire. Où regarde la figure ? Que tient-elle ? Comment son mouvement rencontre-t-il la carte à côté ? Une orientation vers la gauche ou la droite crée une relation visuelle dans une ligne de cartes. Elle ne révèle pas à elle seule l’intention d’une personne réelle.
Combine nombre et famille. Les Coupes concernent les liens et les émotions, les Deniers les ressources et le travail, les Épées la pensée et le conflit, les Bâtons la volonté et l’action. Le nombre précise une étape : départ de l’As, mise en relation du Deux, stabilisation du Quatre ou tension du Cinq.
Décris la composition. Note symétrie, espacement, croisements et motifs floraux. Sépare ce que tu vois de l’interprétation que tu en tires. Deux Deniers reliés par un ruban donnent un matériau visuel différent de deux personnes en conversation : inutile d’inventer cette scène absente.
Construis une phrase entre les cartes. Une ligne de trois cartes rapproche plusieurs images autour d’une question. Examine les contrastes, les directions et les motifs qui se répondent. L’ordre sert à organiser cette relation ; il n’oblige pas à découper le récit en événements futurs.
Lis les figures par leur rang. Le Valet apprend ou explore ; le Cavalier cherche et se déplace ; la Reine incarne une maîtrise intérieure ; le Roi dirige et assume une responsabilité. La position indique si tu examines une attitude ou une personne de la situation. Le rang ne désigne pas automatiquement un âge ou un genre.
La Mort et La Maison Dieu conservent leurs thèmes de fin, de perte et d’effondrement. Le dessin historique ne les transforme pas en simples messages rassurants. La place, la question et les voisines précisent ce qu’il faut examiner.
Quatre lectures dans le langage de Marseille
Entrer dans un apprentissage. Le Bateleur, La Papesse et Le Chariot rapprochent outils disponibles, étude et mise en mouvement. Pour une formation, demande comment tu relies l’envie de commencer au temps de lecture et à la pratique. Les regards et les gestes complètent ce contraste.
Des nombres sans personnages. Quatre de Deniers, Six de Coupes et Deux de Bâtons placent stabilité matérielle, harmonie affective et choix d’action côte à côte. Une question sur l’organisation d’un foyer donne leur terrain commun. Compare ce que tu conserves, ce que tu partages et ce que tu hésites à entreprendre.
Le Mat entre deux règles. Entre L’Empereur et La Justice, Le Mat apporte déplacement et liberté face à structure et responsabilité. Son absence de numéro ne le rend pas sans fonction. Demande quelle marge de mouvement existe dans le cadre que tu décris.
XIII près de L’Étoile. La fin et la coupure rencontrent espoir et renouvellement. Lis d’abord ce qui se termine et ce qui sert de point d’appui dans ta question. L’Étoile n’annule pas la perte ; le rapprochement examine les deux thèmes ensemble.
Questions fréquentes
Le Tarot de Marseille est-il le plus ancien tarot ?
Des jeux italiens du XVe siècle, notamment les Visconti–Sforza, sont antérieurs. Marseille désigne une famille graphique développée et diffusée en France plus tard. Sa longue histoire ne fait pas de chaque édition la forme originale du tarot.
Pourquoi la carte XIII n’a-t-elle pas de nom ?
De nombreux jeux de Marseille laissent cette carte sans intitulé. L’expression « arcane sans nom » désigne cette particularité. Sa figure squelettique conserve les thèmes de fin, de perte, de coupure et de transformation.
Peut-on appliquer les significations du Rider–Waite–Smith ?
Les grandes figures partagent de nombreux thèmes, avec des noms et une numérotation à vérifier. Pour les cartes numérales, les scènes du Rider–Waite–Smith ne se trouvent pas sur Marseille. Appuie leur lecture sur le nombre, la famille et les motifs effectivement visibles.
Faut-il utiliser les cartes renversées avec Marseille ?
Les pratiques incluent des lectures avec ou sans renversements. Choisis ton cadre avant de tirer et conserve-le pour l’ensemble. Si tu lis les renversements, précise le sens à partir de la question, de la position et des voisines.
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Les interprétations proposées par Larisa Tarot sont offertes à des fins de prise de conscience personnelle, d'introspection et de divertissement. Elles ne contiennent aucune certitude, aucune garantie sur l'avenir ni promesse d'un résultat précis.
